Messieurs,

Contexte national :

C’est dans un contexte national particulier que se tient ce Comité Central d’Entreprise.

Le gouvernement, au travers de ses ordonnances, se lance dans une politique fondée sur la concurrence, le dumping social et la déréglementation.

Nous voilà revenus aux fondements du néolibéralisme.

Gouvernement, MEDEF et IUMM, préparent lois et conventions collectives qui pourraient fortement impacter les salariés de Dassault Aviation.

Ce qui ne conduirait qu’à une dégradation du climat social déjà fortement détérioré par vos mesures rétrogrades (LEAN, pluri-annualisation, habillage déshabillage, gel des salaires, culpabilisation des salariés quant au coût société, sous-traitance et délocalisations massives…) sans aucune mesure et avancée sociale envers les salariés.

La dégradation du climat social, associée à un profond manque d’investissement et d’effectifs dans les bureaux d’études et l’outil industriel de la société, produisent déjà des dégâts sur la qualité de nos avions et donc sur notre image de marque.

Restructuration (démantèlement) :

Vos annonces de restructuration vont jusqu’à délaisser, voire dépouiller certains établissements au détriment des salariés, de l’outil industriel et de la qualité de nos avions.

Les salariés sont aujourd’hui tiraillés entre leur volonté de bien faire leur travail et les mauvaises décisions prises par vous-mêmes. Les efforts des salariés, jamais récompensés et la pression causée par le manque d’effectifs ont des conséquences humaines, familiales et sociales qui, échappant à vos statistiques et bilans sociaux, mais vécus par les salariés comme des véritables drames, doivent vous interpeller.

Vous justifiez ces mesures radicales par une volonté de baisse des coûts, mais ce qui se cache derrière cette restructuration est, en réalité, une stratégie malthusienne, dictée par les exigences d’un actionnaire majoritaire, qui ne se satisfait jamais des dividendes plus importants chaque année.

  1. Trappier, la bataille des prix dans laquelle vous vous êtes lancée est une erreur !

Hier comme aujourd’hui, ce que les clients veulent, ce sont des avions beaux et fiables, sur lesquels ils pourront compter longtemps. Le prix s’oublie et la qualité reste est un slogan connu et reconnu.

Les salariés de Dassault veulent connaitre vos réels objectifs pour l’entreprise, en termes d’emploi et de nombre de sites…

Que comptez donc vous faire au terme de votre projet « piloter notre avenir » ?

Les mille précautions oratoires que vous utilisez lorsqu’on vous pose cette question ne rassure pas les salariés. Le passé nous montre que tout est possible : de la fermeture d’établissement surprise (Boulogne, Toulouse, Villaroche,…), à l’établissement de Cazaux restant ouvert sans effectif, ou encore à la division par deux des effectifs Dassault en 30 ans de 16000 à moins de 8000 !

Inde :

Dans le même temps, vous annoncez la création d’une société en Inde (DRAL), qui devrait à terme assembler une partie des pièces Rafale et fabriquer de A à Z le Falcon 2000. De plus, vous convoquez un CCE extraordinaire pour annoncer un  investissement financier dans une deuxième société en Inde sans réel lien avec le contrat Indien Rafale.

Ne pensez-vous pas que ces investissements auraient été plus utiles et judicieux dans nos usines et territoires comme le souligne le rapport de l’expert aux comptes ?

À la CGT nous le pensons et nous le réclamons à nouveau, sachez aussi investir également des millions d’euros dans les moyens industriels des établissements Français, ceci dans l’intérêt de nos territoires.

Falcon 5X :

Comme vous nous l’avez annoncé, le Falcon 5X connait actuellement de nouvelles grosses difficultés. La C.G.T des principales sociétés, parties prenantes dans ce programme (Dassault Aviation, Safran, Thalès et Zodiac Aerospace) s’était réunie le 21 Octobre 2015 afin d’échanger sur ce programme.

Il en ressortait déjà que les conditions, pour réussir un tel programme, n’étaient pas réunies, la CGT demandait que soient mises en œuvre dès cette époque, des moyens matériels et humains conséquents dans un planning de développement réaliste afin d’anticiper toutes les  difficultés liées au développement d’un nouveau moteur et avion.

Le PDG de la SNECMA ne voyait pas les choses de la même façon et a décimé les équipes de développement du Silvercrest. Nous connaissons maintenant le résultat de cette stratégie.

Les mêmes mauvaises recettes sont appliquées chez Dassault : « les compagnons coûtent trop chers », « je laisse filer les effectifs », « le nombre de site est un handicap », etc…

Mais à force de taper sur ceux qui font les avions et les moteurs, plus aucun produit ne sortira. Encore une fois, cette vision purement financière est une grossière erreur et un manque flagrant de discernement de votre part.

  • Combien y-a-t-il de précommandes pour cet avion ?
  • Y-a-t-il eu des désistements suite à votre deuxième annonce de retard au NBAA ?
  • Quels sont maintenant vos intentions sur le programme du 5X ?
  • Quel impact aura ce nouveau report sur les salariés de Dassault ?

Les salariés, la CGT et membres du CCE de L’UES attendent de votre part une réponse claire et surtout se refusent de voir les salariés porter une nouvelle fois, la responsabilité qui vous incombe dans l’arlésienne destinée du 5X !

DFS  :

DFS doit poursuivre son développement au Bourget (plus gros aéroport d’affaire d’Europe), et non seulement sur le site de Mérignac, choix d’une stratégie de DA non partagé par la CGT, de regrouper les activités sur un même site pour « mutualiser/rapprocher certaines activités » DA/DFS.

En 1967, le site du Bourget créé par Monsieur Marcel Dassault et conçu à la base pour assurer la maintenance des Falcon 20, 10 puis en 1980 du F50, a vu l’arrivée des avions plus imposants de type F900/2000 sans un réel effort d’aménagement des volumes de réception pour ces machines d’envergure et de hauteur significativement augmentées.

Sur le site du Bourget, l’arrivée du 7X en 2007 et maintenant du 8X a été pris en compte seulement pour la maintenance en ligne (la Piste) avec la construction du hangar H2, la maintenance programmée représentant la majeure partie des heures réalisées n’est pas dotée de hangars capables d’accueillir ce type d’appareil et nous sommes de fait obligés de louer pour 1,1 M€/an des hangars vétustes en zone réservée de l’aéroport avec des contraintes, de mise à niveau fonctionnelle / réglementaire et d’accès pour le personnel ainsi que pour nos clients.

Nous vous demandons à nouveau de mettre à niveau l’outil industriel, par des hangars capables d’accueillir les 7 et 8X et demain le 5X sur le site historique et incontournable du Bourget

Il faut arrêter de « sauter pour mieux reculer ».

Ce n’est pas en essayant de mettre de l’ « Annualisation du temps de travail » par le biais de votre accord dit  de « flexibilité » rejeté par le personnel que vous allez rendre DFS opérationnel, mais en respectant le personnel avec des locaux adaptés aux avions de nouvelle génération et une bonne politique sociale.

 

Bilan financier à mi année 2017 :

Ce CCE d’octobre, traditionnellement consacré à la présentation semestrielle et prévisionnel des comptes 2017 de la société, démontre une fois encore la très bonne santé financière de la société, avec au premier semestre :

  • des prises de commandes stables à 1,4 milliard d’€,
  • un chiffre d’affaires en hausse de près de 400 millions d’€,
  • un résultat net ajusté en hausse à 200 millions d’€ en croissance de 15 %,
  • une trésorerie disponible en hausse de 737 millions d’€ à près de 4 milliards,

et ce malgré vos discours pessimistes, voire alarmistes et bien rôdés quant à la situation de la société.

Conclusion :

Pour les élus CGT et UGICT-CGT du CCE d’UES, tous les excellents résultats financiers devront symboliser une rupture avec les années précédentes concernant votre politique financière et sociale au rabais synonyme de perte de pouvoir d’achat pour tous les salariés et leurs familles.

Les NAO 2018 pour Dassault-Aviation et DFS doivent être celles du retour aux augmentions générales pour tous, comme vous avez su le faire pour vous-même, avec un budget d’AI significativement plus conséquent permettant un réel déroulement de carrière en rapport avec l’implication des salariés depuis toutes ces dernières !

En conclusion, d’année en  année, l’entreprise et ses mandataires se portent de mieux en mieux, sans aucune retombée pour les salariés créateurs des richesses produites. Nous vous alertons une nouvelle fois, tirer encore sur la corde ne produirait qu’encore plus de démotivation et de désengagement professionnel des salariés.

Vous nous dites et écrivez même, que l’humain est au centre de l’entreprise, démontrez-le nous lors de visites dans les établissements, par des investissements et par des mesures sociales réellement tournés vers les salariés. Remettez l’humain au cœur de la politique sociale de la société et non la rémunération du capital,

  • augmentations des salaires,
  • télétravail encadré,
  • augmentation des plages variables,
  • augmentation des moyens industriels et humains,
  • réelle écoute des salariés …

Ces mesures sont nécessaires pour le succès de notre nouvel avion.

En effet, les problèmes qualité du 7 et 8X et l’échec du programme 5X sont le signal d’alarme devant vous faire changer définitivement de politique industrielle et sociale.

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